Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pascal Delenin

Blog de Pascal Delénin... mes petits post'it: voyages, recettes, découvertes, art de vivre, culture.

Publié le par DELENIN
Publié dans : #GEOLOGIE

Par Pascal DELENIN

Les anciennes mines de fer du Mortanais (Manche)

L’exploitation ancienne des gisements de fer de Basse Normandie est attestée par la découverte de restes de minerai au milieu de débris de tuiles antiques, ainsi que par quelques traces de petits fourneaux qui datent de l’époque gallo-romaine.

Les sources ferrugineuses et la toponymie régionale traduisent également la présence du minerai.

Au Moyen Age l’exploitation de ce minerai fut concédée à des « barons fossiers » ou « ferrons » maîtres de forge avant la lettre, organisés en confrérie. Ils exploitaient de petites industries prospères pendant tout le XVIIIème siècle avant d’être concurrencés par la fonte à coke. Les vastes massifs forestiers existant à proximité des gisements permettaient le traitement du minerai sur place. Mais le manque d'outillage pour pouvoir poursuivre l’exploitation en profondeur lorsque les affleurements de surface furent épuisés et le déboisement important nécessaire pour alimenter les hauts fourneaux limitèrent le développement de ces exploitations.

Le Journal des Mines publié par le Conseil des Mines de la République Deuxième trimestre Nivôse, Pluviôse, Ventôse An VII - n° LII nivôse contient un texte intéressant que l’on doit au Capitaine Duhamel, inspecteur des mines. Dans celui-ci on peut lire :

« Autre mine de fer, de Bout-Sentier. Elle est sur la droite de la petite rivière du moulin du bois, à l’ouest et à un demi-kilomètre environ du village de Volchapon, commune de Barenton, au nord-ouest et à égale distance de l’église. Un puits cylindrique, de trois mètres de diamètre et de douze de profondeur, a été approfondi verticalement jusqu’au minerai. […] Le minerai est une hématite rouge et compacte, une espèce de sanguine. On la dit moins riche que celle de Beauchamp ; mais elle passe pour donner une fonte plus grise et un fer moins cassant à froid. ».

C’est de cette époque que date également l’exploitation de Bourberouge intégrant la transformation sur place en fonte et en fer.

Plus près de nous dans le temps, à l’ouest de Barenton les concessions de Bourberouge et de Mortain, couvrant chacune environ 1300 ha ont été créées en 1902 par la Société française des mines de fer. La teneur du minerai brut était de 40 % et celle du minerai calciné de 55 %. A Mortain des travaux entrepris au lieu-dit Cabremont, ont permis de recouper le filon sur une épaisseur moyenne de dix mètres de minerai en trois couches. La couche a été ainsi reconnue sur plus de 3 kilomètres. Les travaux ont consisté à ouvrir une « descenderie », c’est-à-dire un plan incliné à 38°, qui a atteint la couche à 150 mètres de profondeur (92 mètres en verticale). Celle-ci est inclinée, et à une puissance de 2 m 50 environ.

En revanche, les sondages réalisés du côté de Domfront ont montré que la couche y était peu exploitable.

Les anciennes exploitations minières du Mortanais constituent les vestiges de nos jours pour certains à peine visibles des gisements de minerai de fer recoupant les argilites à Calymènes de l’Ordovicien surmontant les grès armoricains. Le minerai est constitué d’oolithes de carbonate de fer avec un nucléus en quartz, cimentées en partie par de la sidérose.

Texte original Pascal DELENIN

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog