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Pascal Delenin

Blog de Pascal Delénin... mes petits post'it: voyages, recettes, découvertes, art de vivre, culture.

Publié le par DELENIN
Publié dans : #NORMANDIE
Domfront et son donjon

Par Pascal DELENIN

Le château de Domfront en Normandie ... témoin du passé.

Stratégiquement placé sur une hauteur rocheuse dominant la vallée de la Varenne et le bocage normand ce donjon fut en son temps l’un des plus importants de France.

Il fut bâti par Henri Ier Beauclerc, troisième fils de Guillaume Le Conquérant, qui porta les titres de seigneur de Domfront en 1092 puis roi d’Angleterre en 1100 et duc de Normandie en 1106.

Les rois anglo-normands séjournèrent régulièrement à Domfront au cours du XIIème siècle et le château reçut des visiteurs illustres comme Henri II Plantagenet et Aliénor d’Aquitaine qui y donna le jour à Aliénor d’Angleterre en 1161. Dans la lignée directe de celle-ci figure Blanche de Castille, grand-mère de Saint Louis qui, quant à lui, s'arrêta à Domfront en 1256 au retour d'un pèlerinage au Mont Saint Michel.

Le château de Domfront fût le théâtre de la rencontre entre Henri II Plantagenêt et les légats du Pape dans une ultime tentative de réconciliation avec Thomas Beckett.

Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre séjournèrent également à Domfront.

Suite à la conquête de la Normandie par Philippe Auguste en 1204 la place de Domfront fut donnée en apanage notamment à Robert II d’Artois, à son petit-fils Robert III et ensuite aux comtes d’Alençon au cours des XIVème et XVème siècles.

Domfront fut occupé une première fois de 1356 à 1366 par les troupes de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Domfront fut à nouveau investi de 1418 à 1450 par les troupes anglaises après un siège de neuf mois .

En 1574 Domfront connu le siège le plus important de son histoire militaire. Assiégé, le chef huguenot Gabriel de Montgomery dut se rendre au chef de l’armée catholique et royale le Maréchal de Matignon.

Rendu inutile le château fut détruit sur ordre de Sully en 1608.

Les ruines en furent mises en valeur à la fin du XIXème siècle avec la création d’un parc dans les années 1860.

Depuis les vestiges de ce donjon témoignent des heures pendant lesquelles cette petite cité côtoya l'Histoire de France et celle d'Angleterre.

Texte et photos Pascal DELENIN

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Publié le par DELENIN
Publié dans : #GUILLAUME POSTEL
Guillaume Postel, humaniste de la Renaissance…

…mais aussi aventurier de l'esprit

Par Pascal DELENIN

L’année de naissance de Guillaume Postel est sujette à caution car les dates le concernant varient parfois de 1475 à 1510 qui est la date généralement admise. Les dates les plus anciennes qui ont été citées pourraient puiser dans la croyance voulant laisser accroire que Guillaume Postel aurait découvert « l’élixir de vie ». Cela pose d’emblée la dimension du personnage et sa part de mystère…

Très jeune, il perd ses parents emportés par la peste et est orphelin dès l’âge de huit ans.

De son enfance il ressort une intelligence précoce, une boulimie et une soif d’apprendre.

En 1523 (il aurait donc eu 13 ans), il trouve un emploi de maître d’école dans le village de Sagy près de Pontoise. Ayant amassé un petit pécule grâce à cet emploi le voilà qui arrive à Paris.

Gravement malade, et s’étant fait dérober tous ses biens il passe deux ans à l’hôpital.

A Paris, il commence sa formation intellectuelle. Il apprend l’alphabet hébreu auprès de Juifs et il s’initie seul à la langue hébraïque grâce à une grammaire et à un livre de psaumes latin-hébreu. De la même façon il apprend le grec en autodidacte. Grâce à un ami portugais il apprend également l'espagnol et le portugais.

Puis il passe trois ans à Rouen au service de l’abbé Raguier qui l’engage comme précepteur de son neveu.

Vers 1528 il fait connaissance avec Ignace de Loyola, fondateur de l'Ordre des Jésuites.

Dans les années 1530 le roi François 1er remarque Guillaume Postel qui est introduit à la Cour par Jean Lascaris. Cette rencontre est importante. Lascaris qui s’était enfuit de Constantinople au moment de la chute de la ville en 1453 était passé par le Péloponnèse et la Crète et avait servi à la Cour des Médicis puis avait voyagé en Orient à la recherche de manuscrits grecs anciens pour Laurent de Médicis. Lascaris présente Postel à un de ses disciples Jean de la Forêt, ambassadeur auprès de la Sublime Porte.

Postel se rend à Constantinople comme l’atteste une note retrouvée sur un manuscrit : « G. Postellus Constantinopoli 1536 » conservé à la Bibliothèque Nationale. Là, il enseigne et recherche des livres rares pour enrichir les collections du Roi de France. Il se plonge dans la littérature grecque, la médecine, les mathématiques, les interprétations d’Aristote. Il s’intéresse non seulement à l’arabe, mais aussi aux langues les plus rares comme le punique, l’araméen, l’arménien, le samaritain et les langues indiennes.

Il écrit lui-même que les Turcs le considéraient comme un démon du fait de la vitesse avec laquelle il avait réussi à apprendre l’arabe…

Il rentre en France en 1537 en passant par Venise où on le croisera plusieurs fois dans la suite de son épopée et rencontre des orientalistes dans cette ville-république à la croisée de l’Orient et de l’Occident.

Il a le projet de voir enseigner l’arabe dans les écoles au même titre que le latin, constatant que cette langue est parlée par les deux tiers de l’humanité alors connue. A son retour en France il obtient la charge de « lecteur royal en grec, arabe et hébreu ». Il écrit son premier ouvrage « Alphabetum » dont le titre complet est « Linguarum duodecim characteribum differentium alphabetum, introducio, ac legendi modus longe facilimus. Linguarum nomina sequens proxime pagella offeret » et son ouvrage majeur sur l’origine de l’hébreu « De originibus seu de hebraica linguae ». En 1539 Il devient professeur à l’Institut Royal qui deviendra le Collège de France.

Si sa date de naissance est avérée en 1510, il n’aurait alors que 29 ans…

Il rédige une « Grammatica Arabica » et se dit impressionné par les apports de la culture arabe à la médecine, à l’astrologie et à la philosophie. Pour lui Avicenne en dit plus en une ou deux pages que Galien en cinq ou six volumes…

Il dépeint le haut degré de respect de la justice et les moeurs des Turcs sous Soliman le Magnifique.

En 1543 il rédige plusieurs ouvrages dont « De Orbis Terrae Concordia » qui est publié l’année suivante à Bâle. La même année ou l’année suivante il quitte Paris à pied pour Rome où il arrive en mars 1544. Son objectif est de rentrer dans la Compagnie de Jésus, dont il avait rencontré le fondateur à Paris en 1528.

Son voyage à Rome avait été déterminé par son échec auprès de François 1er dans un projet pour lequel il se croyait missionné pour ramener les infidèles dans la vraie religion.

En juin 1544 il prononce ses vœux de novice dans l’Ordre des Jésuites mais n’y resta que dix-huit mois avant de s’en faire expulser. Ses idées le conduisent également en conflit avec le Pape Paul III avant de rentrer en grâce en 1548.

A Rome il rencontre un prêtre éthiopien qui l’initie au Livre d’Enoch. Il étudie également la Kabbale, et il est présent dans la ville au moment du Concile de Trente.

Ce concile est convoqué à plusieurs reprises entre 1545 et 1562 par le pape Paul III sur la demande de Charles Quint pour contrer le développement de la Réforme protestante.

Fin 1546 ou début 1547 il est à nouveau à Venise. Il rencontre une femme du nom de Zuana âgée alors de cinquante-cinq ans et qui lui aurait révélé les mystères du livre de Zohar, écrit en araméen et qu’il était interdit de traduire. Aux yeux de Guillaume Postel cette femme était détentrice de pouvoirs surnaturels et il en faisait la « nouvelle Eve », la « Mère Universelle » ; elle l’impressionnait par sa piété et sa dévotion auprès des malades de l’hôpital Saint Jean et Saint Paul et se disait envoyée par le Saint-Esprit afin de régénérer l'humanité.

Il traduit le livre de Zohar et compose des ouvrages mystiques.

En 1549 il quitte l’Italie pour Jérusalem en passant par Le Caire et Damas.

Arrivé à Jérusalem il rencontre l’Ambassadeur de France, le baron d’Aramont pour lui faire part de son projet d’acheter des livres. A ce sujet il entretient des relations conflictuelles avec un certain Pierre Gilles pour se disputer la prérogative d’acheter des livres pour la bibliothèque royale.

On retrouve Postel en 1550 à Constantinople puis de retour à Venise où il rapporte les livres rares qu’il a achetés. Il y apprend le décès de Zuana…

De Venise, en passant par Dijon où il enseigne les mathématiques, Postel regagne Paris où Henri II a succédé à François 1er.

Il croit fermement que l’esprit de Zuana a pris possession de son esprit dans une sorte d’échange et que c’est elle qui vit au travers de son propre corps dans une forme d’immutation, ce qui lui causera des ennuis avec l’Inquisition entre 1553 et 1556 et avec le roi Henri II.

A cause de cela, Postel quitte Paris en 1553 pour Bâle où il arrive après être passé à nouveau par Dijon et Besançon.

Il s’engage dans une controverse avec Calvin lui-même en prenant la défense du théologien Michel Servet accusé d’hérésie et qui finira brulé vif pour avoir contesté le dogme de La Trinité.

Il retourne à Venise où on le retrouve de 1547 à 1549. Il y travaille à une version des Evangiles en araméen.

En 1553 il est à Vienne où l’Empereur Ferdinand 1er lui offre une chaire à l’Université.

Ses ouvrages sont mis à l’Index…il est à nouveau à Venise en 1554…

Pressé par des difficultés financières il vend ses livres dont certains sont maintenant à la Bibliothèque du Saint Office au Vatican.

Il passe à Padoue et à Ravenne où il est brièvement mis en prison par l’Evêque…avant d’être transféré dans les geôles romaines. Il recouvre la liberté à la mort du Pape Paul IV en 1559.

On trouve sa trace à Crémone, puis Bâle et à Venise toujours et encore.

Il passe par Trente en 1561 à la fin du Concile. Son itinérance le conduit à Augsbourg puis il rentre en France à Lyon. Ses ennuis ne sont pas terminés pour autant… il est accusé de Postellisme c’est-à-dire de donner la prééminence aux musulmans par rapport aux chrétiens. Il est mis en prison à nouveau. Le roi doit intervenir pour sécuriser sa libération.

A Paris, désargenté Guillaume Postel reprend son enseignement, mais le Parlement l’entend le 12 décembre 1562 et décide qu’il doit être détenu pendant trois mois au monastère de Saint Martin des Champs en attente de jugement.

En 1563 il est autorité à donner des cours de cosmographie, mais il déborde le sujet qui n’est qu’un prétexte pour parler de sujets religieux… il est renvoyé au monastère où il restera jusqu’à la fin de ses jours.

Pendant dix-huit ans il bénéficie d’un régime de faveur qui lui permet d’écrire. Il dédicace certains de ses travaux à Catherine de Médicis, et expose ce qui constitue selon lui les erreurs du calvinisme. Il reçoit des visiteurs, se promène, joue de la flûte.

Il bénéficie d’attentions et de respect du fait de sa connaissance et sa pratique de la médecine. Le roi Charles IX le considère comme son philosophe. Il est libre d’aller à Laon en 1566 pour assister à l’exorcisme d’une femme Nicole Obrey. Il en rédigera un témoignage sous le pseudonyme d’Anusius Synesius.

Outre les recherches faites à son sujet notamment par Salina, Kuntz, Weill et Georges la vie de Guillaume Postel nous est connue par un de ses contemporains Antoine du Verdier (1544-1600) qui faisant de 1471 la date de naissance de Guillaume Postel lui prête une longévité de cent dix ans, clôturant l’épopée et la légende de cet humaniste.

Après une vie aussi densément remplie Guillaume Postel meurt en 1581. Il est enterré dans le Monastère de Saint Martin des Champs.

texte original et photos Pascal DELENIN

Portrait de Guillaume Postel - Le Tintoret ( « l’Adoration des Mages »  Scuola Grande di San Rocco – Venise). - Stèle et vitrail commémoratifs en hommage à G. Postel  (Barenton)Portrait de Guillaume Postel - Le Tintoret ( « l’Adoration des Mages »  Scuola Grande di San Rocco – Venise). - Stèle et vitrail commémoratifs en hommage à G. Postel  (Barenton)Portrait de Guillaume Postel - Le Tintoret ( « l’Adoration des Mages »  Scuola Grande di San Rocco – Venise). - Stèle et vitrail commémoratifs en hommage à G. Postel  (Barenton)

Portrait de Guillaume Postel - Le Tintoret ( « l’Adoration des Mages » Scuola Grande di San Rocco – Venise). - Stèle et vitrail commémoratifs en hommage à G. Postel (Barenton)

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Publié le par DELENIN
Publié dans : #FRANCE
Sur les pas de Van Gogh à Auvers-sur-Oise

Par Pascal DELENIN...

C’est très exactement de ce point où je me suis arrêté que la vue de l’église d’Auvers-sur-Oise a été peinte par Van Gogh dans le célèbre tableau exposé au Musée d’Orsay à Paris.

Cette toile de 74 x 94 cm a été composée par Vincent Van Gogh après qu’il eût quitté Saint-Rémy-de-Provence en mai 1890 pour s'installer à Auvers-sur-Oise, où il passa les soixante-dix derniers jours de sa vie.

"Avec cela j’ai un plus grand tableau de l’église du village – un effet où le bâtiment paraît violacé contre un ciel d’un bleu profond et simple, de cobalt pur, les fenêtres à vitraux paraissent comme des taches bleu d’outremer, le toit est violet et en partie orangé. Sur l’avant-plan un peu de verdure fleurie et du sable ensoleillé rose."

Lettre à sa sœur (juin 1890) ; in Vincent Van Gogh – correspondance générale /3 – Gallimard Biblios édit. 1990 – p. 701

Cette église aux formes trapues que Van Gogh accentue par un effet de contre-plongée devient dans l’interprétation de l'artiste un monument flamboyant représenté de façon mouvante, impression accentuée par les tourbillons présents dans un ciel quasi nocturne.

La partie basse du tableau semble avoir été peinte à midi, alors que l'église et son ombre portée l’ont été en fin de journée.

Au centre d'Auvers-sur-Oise, sous les combles de l’Auberge Ravoux une petite lucarne apporte la lumière dans la mansarde où vécut et mourut Van Gogh. Lieu simple que l'on peut visiter et d’où se dégage une intense émotion.

Van Gogh choisît l’endroit pour la modicité de la pension de 3 fr 50 par jour, meilleur marché qu’une autre qui lui avait été recommandée par le Docteur Gachet pour 6 francs.

A l'écart du village, dans le cimetière d’Auvers-sur-Oise les deux petites stèles jumelles d’une très grande simplicité dans leur écrin de lierre sont celles de Vincent Van Gogh, enterré le 30 juillet 1890 après son suicide et juste à côté celle de son frère Théo, mort six mois plus tard en Hollande et dont le corps fut ramené à Auvers-sur-Oise auprès de son frère en avril 1914.

(Texte et Photos Pascal DELENIN)

L'auberge Ravoux - Le lieu où V. Van Gogh tenta de se suicider - Le cimetière d'Auvers-sur-OiseL'auberge Ravoux - Le lieu où V. Van Gogh tenta de se suicider - Le cimetière d'Auvers-sur-OiseL'auberge Ravoux - Le lieu où V. Van Gogh tenta de se suicider - Le cimetière d'Auvers-sur-Oise

L'auberge Ravoux - Le lieu où V. Van Gogh tenta de se suicider - Le cimetière d'Auvers-sur-Oise

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Publié le par DELENIN
Publié dans : #ESPAGNE
L'astronaute de Salamanque

Salamanque superbe ville de Castille et Léon abrite la plus ancienne université d’Espagne et compte deux cathédrales : la Catedral Vieja et la Catedral Nueva.

La construction de cette dernière a commencé en 1513 pour se terminer en 1733. Sa construction a duré 220 ans, d'où la variété des styles qu'on y rencontre : gothique, Renaissance et baroque… mais un détail amusant et insolite date de la rénovation de l’édifice en 1992.

Les sculpteurs chargés de la restauration ont repris une vieille tradition qui permet de signer son travail et ils en ont profité pour ajouter sur le pilier gauche d’une des portes quelques sculptures incongrues comme ce très surprenant astronaute en scaphandre et un singe tenant un cornet de glace à deux boules …

Ce n’est qu’un détail anecdotique mais qui mérite le détour après avoir visité la cathédrale ainsi que l’incontournable Casa de las Conchas construite à la fin du XVe et la superbe Plaza Mayor datant du XVIIIe siècle.

Texte et photos Pascal DELENIN

cathédrale de Salamanque - Espagne

cathédrale de Salamanque - Espagne

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