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Pascal Delenin

Blog de Pascal Delénin... mes petits post'it: voyages, recettes, découvertes, art de vivre, culture.

Publié le par DELENIN
Publié dans : #NORMANDIE
Musée régional de la poterie de Ger (Manche)

Par Pascal DELENIN

La Basse Normandie est l'une des régions françaises où apparaissent dès le XVIe siècle les premières productions de grès. La Puisaye, le Berry, l’Alsace et le Beauvaisis sont les autres centres importants où la production atteindra son apogée au XIXe siècle.

Les anciens centres normands correspondent essentiellement à deux bassins de production que sont le Cotentin (Vindefontaine, Noron) et plus au sud le centre potier de Ger qui a été actif jusque au début du XXe siècle.

Au milieu du XIXe siècle la commune de Ger compte alors 2600 habitants dont la majeure partie vit dans des hameaux installés auprès des 21 fabriques de poteries de grès assurant du travail à 300 ou 400 ouvriers. Près de Ger, le village du Placître avec ses ateliers, séchoirs, grands fours tunnels et maison du maître potier constitue le théâtre où ont travaillé des générations de potiers du XVIe siècle jusque dans la première moitié du XXe siècle.

Maintenant transformé en musée le site présente une collection de poteries anciennes mais aussi des productions d’artistes contemporains.

La maison du maître potier reconstituée fidèlement en partie grâce aux inventaires d'après décès, présente la vie et l’aménagement mobilier de la grande pièce commune aux environs de 1860. Une petite pièce attenante, la souillarde, était affectée aux tâches domestiques. Cette maison traduit une certaine forme d’aisance comme le montrent la qualité des meubles, la vaisselle et le pavage en terre cuite au sol. Selon un témoignage d’époque que l'on doit l’instituteur du village, Mr Leneveu « ils étaient des bourgeois, des « demi nobles ». Ils se faisaient servir. Ils ne faisaient presque pas de travail personnel. Ils ne mettaient jamais la main à la glaise».

L’argile est stockée à proximité de l’atelier, mise à sécher, puis brisée avec une masse. Un tri permet d’en éliminer les cailloux. Elle est ensuite humidifiée, tranchée en blocs, foulée au pied et entreposée dans des fosses avant d’être utilisée. On y ajoute une petite quantité de sable pour la rendre moins collante au tournage.

Au début du XIXe siècle l’argile est encore apportée aux villages de potiers par des paniers et des sacs portés par des chevaux bâtés. Le bois de chauffage des fours est coupé en bûches de 4 pieds (soit 1.33 m) portées dans des hottes de bois sur le flanc des chevaux. A partir de la moitié du XIXe siècle l’argile est chargée dans des tombereaux, avant que son transport soit modernisé par l’arrivée du chemin de fer avec la ligne Mortain-Domfront.

La cuisson s’effectue dans un grand four « couché » qui permet d’atteindre la température de cuisson nécessaire pour vitrifier partiellement l’argile dans la masse et la rendre dure et imperméable. Le four construit au milieu du XVIIIe siècle est bâti en granite sur une pente régulière. Alimenté par le bois, le four contient une grande quantité de pièces empilées qui cuisent entre quatre et huit jours avec une montée en température progressive jusqu’à 1300 – 1400 °C. Le four contenait 3000 pièces de poterie à chaque cuisson. 50 à 60 stères de bois sont nécessaires pour chaque cuisson. Le bois de hêtre provient de la forêt de la Lande Pourrie.

Dans les dernières heures de la cuisson on jette une trentaine de kilos de sel marin par des orifices aménagés dans la voute. A la chaleur, le sel se sublime en vapeur de sodium qui donne un vernis vitrifié à la surface des poteries.

Pendant plus de trois siècles des générations de potiers ont contribué au développement de l’économie locale en produisant quantité de pièces avant tout utilitaires. Participant à la vie quotidienne, les grès de Normandie satisfont avant tout des besoins immédiats liés à la consommation et à la conservation d’aliments.

Les potiers de Ger fabriquaient des bouteilles ansées, des dames-jeannes, des vinaigriers, des pots à lait, à crème, à miel, à confiture, des porte-dîners…ces objets jalonnaient toutes les étapes de la vie quotidienne.

Cette production a également fourni des tuiles, des briques, des tuyaux d’adduction, des épis de faitage décoratifs à vocation protectrice (figures de saints)

La production de poterie est très importante puisque l’on compte au XVIIIe siècle en moyenne une production annuelle de 100 000 pots à beurre dont Ger avait le monopole de la fabrication. La fabrication de ces pots était très réglementée et une sentence du baillage de Mortain datant de 1619 impose aux potiers de mettre leur nom et marque sur les pots issus de leur fabrication. Ces pots répondant en principe à des normes de poids et de contenance, ceux qui ne répondaient pas à ce marquage étaient confisqués.

En 1842 les producteurs de beurre portent plainte et reprochent aux pots de Ger d’avoir des parois trop épaisses. Un règlement est alors édicté qui fait obligation aux potiers de respecter le poids à adopter pour chaque pot.

En marge de ces grès, certaines pièces plus décoratives et plus travaillées sont faites sur commande. Une des spécialités de Ger était la production de fontaines liturgiques faisant partie du mobilier d’églises et portant en relief des motifs religieux appliqués par empreintes digitées. Ces motifs sont des cœurs de saint sacrement, renfermant des rosaces, des rameaux fleuris, des crucifix, des faces humaines.

Les potiers travaillaient sur commande et pouvaient vendre aussi bien sur les lieux de fabrication, à l’enfournement (avant la cuisson), sur les foires et marchés, par colportage, et leurs poteries se retrouvent centre de production de poteries utilitaires en grès utilisées dans le grand Ouest de la France pour l’exportation des salaisons et du beurre.

Les potiers de Ger vont vendre leurs pots directement auprès des producteurs de beurre de Vire par le « chemin des potiers » passant par le Fresne-Poret, les Maures et la Lande Vaumont.

Les poteries de Ger se retrouvent même jusque au Canada dans les provinces de Terre Neuve, Labrador, Nouvelle Ecosse et Nouveau Brunswick où elles arrivent aux XVIIe et XVIIIe siècle avec les pêcheurs bretons et normands partant pour les longues campagnes de pêche à la morue.

La poterie de Ger constitue un témoignage des plus intéressants du petit patrimoine bas normand

Texte original et photos Pascal DELENIN

Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)
Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)
Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)

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Publié le par DELENIN
Publié dans : #GEOLOGIE
Les grès armoricains de la Fosse Arthour

Par Pascal DELENIN

Un peu de géologie…

Les affleurements de rochers de la Fosse Arthour (Basse Normandie) permettent d’observer une unité géologique bien visible dans le paysage : La formation des Grés armoricains. Ils datent de l’Ordovicien (-480 millions d’années) et ont subi un plissement au moment de la formation de la chaîne hercynienne. Ils peuvent être étudiés également en affleurements importants dans les carrières de Mortain et dans le parc thermal de Bagnoles de l’Orne.

L’axe Mortain – Bagnoles de l’Orne correspond au synclinal varisque de Mortain-Domfront constitué de terrains paléozoïques datés de l’Ordovicien au Silurien. Les Grès armoricains y sont morphologiquement très marqués, formant sur le flanc sud une longue barre rocheuse recoupée par la cluse de la Varenne, par la Fosse Arthour et par les gorges de Villiers.

Le faciès est principalement constitué de quartzites riches en fossiles du genre skolithos (sortes de terriers de vers).

Ces grès armoricains qui font partie du vieux socle mancellien correspondent à des dépôts dans des eaux peu profondes dans un environnement épicontinental à littoral et intertidal et sont épais de quelques dizaines à plusieurs centaines de mètres du fait de la subsidence et/ou de l'eustatisme synsédimentaire.

Texte original et photos Pascal DELENIN

les affleurements de grès armoricains à la Fosse Arthourles affleurements de grès armoricains à la Fosse Arthourles affleurements de grès armoricains à la Fosse Arthour

les affleurements de grès armoricains à la Fosse Arthour

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Publié le par DELENIN
Publié dans : #FRANCE
PEROUGES

par Pascal DELENIN

Bien posé sur le plateau de la Dombes, sur le relief de la Côtière, Pérouges constitue un ensemble unique que l’on découvre en parcourant les ruelles pavées de calades, ces galets formant le pavage qui donne au village cet aspect si pittoresque.

Même si un château est érigé en ce lieu au XIIème siècle, Pérouges ne naît réellement qu'à la fin du XIVème siècle.

Pérouges a été un centre de tissage de la toile de chanvre sur la route de Lyon à Genève mais le XIXème siècle laisse Pérouges à l’écart de la révolution industrielle car éloignée des voies ferrées et des manufactures textiles.

Pérouges s’endort car une seule famille réside encore dans la cité à l’aube du XXème siècle avant que ne soit créé un comité de sauvegarde et défense du vieux Pérouges afin de restaurer et de ressusciter la cité pérougienne en lui redonnant sa double enceinte de remparts qui a pu être restaurée.

Aujourd'hui Pérouges constitue une étape agréable sur la route du sud pour qui saura faire le détour... que ce soit à bord d'une vieille Traction Avant Citroën ou dans une voiture d'aujourd'hui...

Un des plus beaux villages de France ...une réputation méritée.

Photos et texte Pascal DELENIN

PEROUGESPEROUGESPEROUGES

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Publié le par DELENIN
Publié dans : #PAYS D'OC
le Puèg de Montségur (Ariège)

Par Pascal DELENIN

Au sommet de son puèg ou puòg, (du latin pŏdĭum, signifiant tertre), le château domine le village de Montségur. Sur cet éperon remarquable une première forteresse très ancienne était déjà en ruine au début du XIIIème siècle. La seconde est celle de la période cathare avec un village, le castrum, abrité dans la forteresse. Après plusieurs sièges en 1212, 1213 et 1241, qui furent des échecs, une dernière tentative a lieu en 1243-1244 et dure 10 mois.

Celle-ci est menée par Hugues des Arcis, sénéchal de Carcassonne chargé d'assiéger la forteresse sur l'ordre de Blanche de Castille et de Louis IX. En mai 1243, 6 000 hommes encerclent Montségur. Le succès des assaillants tient dans l'audace d’un véritable commando qui escalade la paroi rocheuse abrupte pendant la nuit de Noël 1243. Depuis la tour de guet dont ils ont pris possession les assaillants bombardent sans relâche la place forte. Un assaut décisif est mené en février et laisse les assiégés très affaiblis. Le 1er mars 1244, Pierre-Roger de Mirepoix qui assure la défense de la place est contraint de négocier la reddition de Montségur. Celle-ci sera effective le 16 mars. Le village est détruit et 200 cathares n'ayant pas abjuré leur foi sont brûlés vifs sur un bûcher au lieu-dit le Camp dels Cremats (le champ des brûlés) où une stèle érigée en 1960 porte l'inscription "Als catars, als martirs del pur amor crestian. 16 de mars 1244".

Le château dont nous voyons aujourd’hui les ruines a vraisemblablement été restauré et remanié vers la fin du XIIIème siècle.

Une visite rendue très vivante grâce à un guide passionnant...

Texte et photos Pascal DELENIN

Château de MontségurChâteau de Montségur

Château de Montségur

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Publié le par DELENIN
Publié dans : #PORTUGAL
COIMBRA (Portugal) ... visite guidée

Par Pascal DELENIN

Coimbra, qui domine le fleuve Mondego, aux ruelles étroites et pittoresques, fut la première capitale du Portugal et est de longue date le siège d'une illustre université. Aménagée dans les bâtiments de l'ancien Palais royal, sa bibliothèque est impressionnante.

Ayant visité la ville je viens de terminer récemment la lecture de "La Formule de Dieu" le best-seller du journaliste et écrivain portugais José Rodrigues dos Santos paru en France en 2012. L' auteur y fait une courte description de Coimbra qui sert en partie de cadre au roman.

Visite plus originale et moins conventionnelle qu’un guide touristique...J’ai mis en parallèle mes photos et le texte de dos Santos…

"Au cœur d’une vieille muraille, des maisons pittoresques aux murs blancs et aux toits de tuiles s’étageaient sur l’autre rive du Mondego. Les larges et superbes bâtiments de l’université dominaient la ville, le magnifique beffroi surplombait le tout, dressé comme un phare au sommet d’un promontoire, le point de référence vers lequel tous les regards se tournaient.

Le soleil brillait sur Coimbra.

La voiture longea le parc de Choupilinho, la surface du fleuve réfléchissait le vieux bourg sur le versant gauche. Au volant, Tomas contempla la ville depuis l’autre rive et ne put s’empêcher de penser que, s’il y avait un endroit où il se sentait bien, c’était ici, à Coimbra. Avec ses rues qui mêlaient l’ancien et le nouveau, la tradition et l’innovation, le fado et le rock, le romantisme et le cubisme, la foi et le savoir. Ses avenues aérées aux maisons inondées de lumière, où circulait une importante communauté estudiantine, des jeunes gens avec leurs livres sous le bras et l’illusion d’un avenir luisant dans leurs yeux, éternels clients de la principale industrie de la ville, l’université.

Tomas traversa le Mondego par le pont de Santa Clara… "

José Rodrigues dos Santos – La Formule de Dieu – début du chapitre V – p. 96 et 97 – Pocket édit.

Photos et texte additionnel Pascal DELENIN

COIMBRA (Portugal) ... visite guidéeCOIMBRA (Portugal) ... visite guidée
COIMBRA (Portugal) ... visite guidéeCOIMBRA (Portugal) ... visite guidée

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Publié le par DELENIN
Publié dans : #NORMANDIE
La Villa "Les Rhumbs" à Granville

Par Pascal DELENIN

Christian Dior naît en 1905. C’est cette même année que ses parents Maurice et Madeleine Dior achètent ce domaine et la villa "Les Rhumbs" construite par un armateur à la fin du XIXème siècle. Sa mère y fait construire un jardin d’hiver et aménager le parc. Christian Dior y passe son enfance et y revient jusqu’en 1931. Le décès de sa mère en 1932, la ruine de son père industriel lors de la crise des années 30 conduisirent à la vente de la maison familiale et la dispersion de son mobilier.

Surplombant la plage de Granville, son parc offre une vue magnifique sur la Manche et les Iles Chausey au travers des bosquets de pins maritimes. Dans la Collection Privée le parfum Granville rappelle le lieu par ses fragances épicées de pin, de romarin et de thym et évoque aussi le vent, les vagues et l’air vif de cette côte du Cotentin.

"La maison de mon enfance... j'en garde le souvenir le plus tendre et le plus émerveillé. Que dis-je ? Ma vie, mon style, doivent presque tout à sa situation et à son architecture" écrit Christian Dior dans son autobiographie publiée en 1956 soulignant par là même l’importance qu’elle revêt pour lui. De la villa de Granville Christian Dior a conservé "la nostalgie des nuits de tempête, de la corne de brume, du glas des enterrements et du crachin normand au milieu desquels s’est passée [son] mon enfance."

La villa "Rhumbs" car c’est son nom, est devenue musée de la mode depuis 1997.

Photos Pascal DELENIN

villa Dior à Granville, son parc et la vue sur la ville hautevilla Dior à Granville, son parc et la vue sur la ville hautevilla Dior à Granville, son parc et la vue sur la ville haute

villa Dior à Granville, son parc et la vue sur la ville haute

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