Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Pascal Delenin

Blog de Pascal Delénin... mes petits post'it: voyages, recettes, découvertes, art de vivre, culture.

Publié le par DELENIN
Publié dans : #NORMANDIE
Le Mont-Saint-Michel : entre mer, terre, ciel... et touristes japonais

Par Pascal DELENIN

C’est en hiver que le Mont se livre le mieux, hors de la foule déferlante et bruyante de l’été, quand il n'est fréquenté que par les cohortes de touristes japonais sérieux et disciplinés derrière leurs guides. Ils sont là pour profiter des quelques jours de congé de l'oshōgatsu ( お正月 = Nouvel An japonais). La visite est minutée, organisée au millimètre pour des groupes étonnamment silencieux. L’oreillette qui distille le commentaire est de rigueur chez ces processionnaires venus du pays du Soleil Levant. Les appareils photo numériques dernier cri mettent les images en boite. Tour du cloître "numérisé", "selfies" avec smartphone monté sur bras télescopique, et provision de cartes postales. Dans la navette qui nous fait quitter le Mont, pas un regard en arrière. Le Mont fait déjà partie du passé. Sur le parking, les autocars de tourisme font ronronner les moteurs pour un retour express à Paris, à moins d’un crochet par un château de la Loire ou Versailles…La France en trois jours.

Que retiendront-ils du Mont où Aubert évêque d’Avranches éleva le premier sanctuaire en 708 sur ce qui était alors le Mont Tombe après en avoir reçu l’ordre pendant son sommeil par l’archange Saint Michel.

Il y fait d’abord construire un oratoire modeste dont il reste comme seul vestige un mur visible dans l'une des salles de l'abbaye, puis il fait bâtir une petite église en 709.

En 966 une église préromane accueille une communauté de bénédictins.

C’est au XIème siècle que nait l’abbaye romane. Afin de s’adapter aux spécificités topographiques de ce rocher de granite, les architectes innovent en créant un système de cryptes terrasses pour porter les futurs bâtiments. Autour sont disposés les dortoirs, réfectoires, salles communes et l’aumônerie. Au XIIIème siècle, un incendie ravage l’abbaye et le village qui existe auprès d’elle.

Philippe Auguste décide alors de financer sa reconstruction dans le style gothique. Des bâtiments sont agrandis, de nouveaux sont créés pour constituer ce que les pèlerins appellent "La Merveille".

Le cloître de l'abbaye du Mont Saint Michel, datant du XIIIème siècle est une oeuvre architecturale exceptionnelle. Ce qui est particulièrement remarquable dans la construction de ce cloître c’est l’ensemble des fines colonnettes en marbre porphyroïde rouge bréchique organisées en quinconce et soutenant la voûte avec légèreté et élégance. Le lieu est magnifique, propice à la méditation et mérite qu'on s'y arrête longuement. C'est le luxe que je me suis accordé lors de ma visite.

La galerie nord et percée de baies donnant vue sur la mer dans la direction du Mont Tombelaine, l’autre îlot de la baie. A l'est s'ouvre une porte donnant accès au réfectoire.

Les moines s’y retrouvaient à chaque repas et mangeaient dans un silence absolu. Selon la règle de Saint-Benoît, seule la voix du moine chargé de lire les Evangiles rompait le silence à l'heure des repas.

Outre le Cloître et le Réfectoire, la Salle des Hôtes, l'Aumônerie, la Salle des Chevaliers et le Cellier constituent les autres éléments majeurs de la Merveille.

Au XIVème siècle des portes de défense, des fortifications et des remparts sont construits pour défendre le Mont. Au cours de la Guerre de Cent Ans, face aux troupes anglaises les moines défendent l’abbaye qui devient une place forte imprenable.

En 1434, les Anglais attaquent le Mont et parviennent à ouvrir une brèche dans le rempart et à entrer dans la ville. La contre-attaque est si puissante que les Anglais prennent la fuite, en abandonnant deux bombardes, calibre 380-420 dont une est encore située à la porte de l'avancée par laquelle on entre dans le Mont.

Louis XI se rend quatre fois au Mont et institue l'ordre des Chevaliers de Saint-Michel. C’est lui qui transforme l’abbaye en prison.

De 1792 à 1799, trois cents prêtres sont emprisonnés dans l'abbaye, puis ce sont des forçats qui y sont internés, jusqu'à sept cents en même temps avant que la prison ne soit fermée en 1863.

L'entretien des bâtiments est alors complètement délaissé. Hugo et Flaubert alertent Napoléon III pour que soit sauvé le Mont.

Victor Hugo avait visité le Mont en 1836: "À l'extérieur, le Mont-Saint-Michel apparaît de huit lieues en terre et de quinze en mer comme une chose sublime, une pyramide merveilleuse dont chaque assise est un rocher énorme façonné par l'océan..."

Le Mont Saint Michel est classé Monument Historique en 1862.

L'architecte Edouard Corroyer, élève de Viollet-le-Duc est nommé en 1878 pour entreprendre les travaux de restauration du Mont-Saint-Michel, sur lequel il publie plusieurs études, mais il est révoqué avant d'avoir pu achever son travail.

C’est cette rénovation qui donne au Mont l’aspect qu’on lui connait aujourd’hui avec sa flèche fine que supporte Saint Michel, et qui paraît avoir été toujours là.

Texte original et photos Pascal DELENIN (visite le 09 janvier 2015)

peinture à l'huile anonyme XIXème siècle, vue générale, le réfectoire, église abbatiale, salle des hôtes, façade peinture à l'huile anonyme XIXème siècle, vue générale, le réfectoire, église abbatiale, salle des hôtes, façade
peinture à l'huile anonyme XIXème siècle, vue générale, le réfectoire, église abbatiale, salle des hôtes, façade
peinture à l'huile anonyme XIXème siècle, vue générale, le réfectoire, église abbatiale, salle des hôtes, façade peinture à l'huile anonyme XIXème siècle, vue générale, le réfectoire, église abbatiale, salle des hôtes, façade peinture à l'huile anonyme XIXème siècle, vue générale, le réfectoire, église abbatiale, salle des hôtes, façade

peinture à l'huile anonyme XIXème siècle, vue générale, le réfectoire, église abbatiale, salle des hôtes, façade

Voir les commentaires

Publié le par DELENIN
Publié dans : #ESPAGNE
El "Palacio de Cristal" -  Parque del Buen Retiro (Madrid)

Le parc du Retiro, le plus vaste de Madrid avec ses 120 hectares comporte de nombreux points d’intérêt mais il sert surtout d’écrin au palais de Cristal, vestige de l'exposition coloniale de 1887. Cet édifice conçu afin de servir de serre pour le pavillon des Philippines avait été construit sur des plans de l'architecte Ricardo Velasquez Bosco. Composé de métal qui constitue son armature et de verre il est souvent comparé au Crystal Palace de Londres construit en 1851 pour la Great Exhibition, même si la silhouette des deux bâtiments est assez différente et que l’analogie tient surtout aux matériaux employés. L'édifice madrilène est plus gracieux que ce que nous montrent les documents sur le palais londonien disparu en 1936.

Mis en valeur par un étang creusé devant la façade principale, le Palais est également valorisé par les jeux de lumière des rayons du soleil qui donne toute sa magie à ce lieu, surtout les jours de grand soleil quand la réfraction solaire créé les halos du spectre de la lumière. La porte principale néoclassique comporte un portique à colonnes et le sous-bassement est orné de frises de faïence d’un bel effet.

Texte original et photos Pascal DELENIN

El "Palacio de Cristal" -  Parque del Buen Retiro (Madrid)El "Palacio de Cristal" -  Parque del Buen Retiro (Madrid)El "Palacio de Cristal" -  Parque del Buen Retiro (Madrid)

Voir les commentaires

Publié le par DELENIN
Publié dans : #ESPAGNE
marchés de Madrid

Par Pascal DELENIN

J’aime me promener sur les marchés des villes que je visite car le cœur de la cité y bat dans toute son authenticité. Que ce soit la Boqueria de Barcelone, le marché du Rialto à Venise, le Központi Vásárcsarnok de Budapest ou Wazemmes à Lille, j’aime ces lieux vivants et vrais où l’on peut déguster quelques spécialités, flâner, prendre un verre…

Madrid où je vous conduis offre deux de ces lieux qui m'ont charmés par leur authenticité: le mercado San Miguel et le mercado Anton Martin.

Le marché San Miguel est représentatif de l’architecture de verre et de métal, emblématique de nombreux marchés couverts du XIXe siècle et du début du XXème. Sa construction, sous la direction d'Alfonso Dubé y Díez, s'est achevée en 1915.

Situé en plein centre touristique de Madrid, près de la Plaza Mayor, sa localisation sur la place San Miguel en fait l'un des points les plus animés de Madrid.

Le marché San Miguel, abrite une trentaine de commerces et est une véritable vitrine de la diversité gastronomique de l'Espagne ; ses horaires d’ouverture élargis en font aussi un endroit idéal pour la flânerie, de jour comme de nuit, où l’on vient déguster de merveilleuses tapas, soit au comptoir soit debout en pleine rue selon l’affluence.

Le marché d'Antón Martín situé dans le quartier de Chueca est peut-être moins touristique que celui de San Miguel mais c’est aussi un lieu plein d’authenticité. Ce marché moderne a été rénové en 2011, et est divisé en trois étages.

La modernité de ses installations et la qualité de ses produits sont les principaux attraits qui poussent les visiteurs à venir y faire leurs courses,

Offrant de délicieux produits et d'excellentes matières premières, c’est l’endroit idéal pour acheter des produits typiquement espagnols, que ce soit de la viande, des fruits et légumes, du poisson ou des fruits de mer. S’y promener au milieu des produits de saison est un véritable plaisir.

Texte original et photos Pascal DELENIN

.

marchés de Madridmarchés de Madridmarchés de Madrid
marchés de Madridmarchés de Madrid
marchés de Madridmarchés de Madridmarchés de Madrid

Voir les commentaires

Publié le par DELENIN
Publié dans : #CUISINE & VINS
EL Hombre Bala ... (littéralement "l'homme Canon")

Par Pascal DELENIN

Curieux nom pour un vin...

" El Hombre Bala", est issu de vieilles vignes de grenache âgées de 50 à 90 ans, de la Sierra de Gredos qui est située entre les provinces de Madrid, Cáceres, Ávila, et Tolède. Quatre vignobles à l'ouest de Madrid ont été sélectionnés pour le produire autour de Rozas de Puerto Real. La récolte commence à maturité optimale du 20 septembre à la mi - octobre. La macération dure en moyenne 30 jours à basse température et la fermentation a lieu dans des fûts et des cuves en bois à température contrôlée. Profondeur, complexité et équilibre caractérisent ce vin élégant qui reflète les différentes personnalités du grenache d'altitude cultivé dans les montagnes en agriculture biodynamique.

La robe est cerise mais peu dense, la larme est lente. Les arômes goûteux et intenses sont ceux de fruit frais et assez mûrs avec des notes de poivre noir en grain. Ce vin doit sa fraîcheur intense aux notes de forêt méditerranéenne et aux notes balsamiques. Sa rusticité lui est donnée par un fond d’herbes aromatiques. Pur et authentique l’attaque en bouche est astringente et la finale apporte des notes fumées.

J’ai dégusté ce vin au cours d’un repas au Metro Bistro derrière la Plaza Mayor à Madrid. Le serveur, Ibrahim, me l’a proposé pour accompagner un gigot d’agneau à basse température avec trompettes de la mort, et vitelottes aux truffes. Un mariage parfait entre met et vin.

Un bon vin à moins de 20 €.

Texte original et photo Pascal DELENIN

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog