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Pascal Delenin

Blog de Pascal Delénin... mes petits post'it: voyages, recettes, découvertes, art de vivre, culture.

Articles avec #normandie catégorie

Publié le par DELENIN
Publié dans : #NORMANDIE
Chateaubrilland

De lui Victor Hugo aurait écrit en 1816 : " Je veux être Chateaubriand ou rien ". Chateaubriand meurt à Paris le 4 juillet 1848. Selon ses dernières volontés il est enterré le 19 juillet, sur le rocher du Grand-Bé, dans la rade de Saint-Malo.

Près de sa tombe est posée une plaque sur le rocher :

"Un grand écrivain français

a voulu reposer ici

pour n'entendre que la mer et le vent.

Passant,

respecte sa dernière volonté"

ile du Grand Bé (Saint Malo) - Chateaubrillandile du Grand Bé (Saint Malo) - Chateaubrilland

ile du Grand Bé (Saint Malo) - Chateaubrilland

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Publié le par DELENIN
Publié dans : #NORMANDIE

Par Pascal DELENIN

C’est en hiver que le Mont se livre le mieux, hors de la foule déferlante et bruyante de l’été, quand il n'est fréquenté que par les cohortes de touristes japonais sérieux et disciplinés derrière leurs guides. Ils sont là pour profiter des quelques jours de congé de l'oshōgatsu ( お正月 = Nouvel An japonais). La visite est minutée, organisée au millimètre pour des groupes étonnamment silencieux. L’oreillette qui distille le commentaire est de rigueur chez ces processionnaires venus du pays du Soleil Levant. Les appareils photo numériques dernier cri mettent les images en boite. Tour du cloître "numérisé", "selfies" avec smartphone monté sur bras télescopique, et provision de cartes postales. Dans la navette qui nous fait quitter le Mont, pas un regard en arrière. Le Mont fait déjà partie du passé. Sur le parking, les autocars de tourisme font ronronner les moteurs pour un retour express à Paris, à moins d’un crochet par un château de la Loire ou Versailles…La France en trois jours.

Que retiendront-ils du Mont où Aubert évêque d’Avranches éleva le premier sanctuaire en 708 sur ce qui était alors le Mont Tombe après en avoir reçu l’ordre pendant son sommeil par l’archange Saint Michel.

Il y fait d’abord construire un oratoire modeste dont il reste comme seul vestige un mur visible dans l'une des salles de l'abbaye, puis il fait bâtir une petite église en 709.

En 966 une église préromane accueille une communauté de bénédictins.

C’est au XIème siècle que nait l’abbaye romane. Afin de s’adapter aux spécificités topographiques de ce rocher de granite, les architectes innovent en créant un système de cryptes terrasses pour porter les futurs bâtiments. Autour sont disposés les dortoirs, réfectoires, salles communes et l’aumônerie. Au XIIIème siècle, un incendie ravage l’abbaye et le village qui existe auprès d’elle.

Philippe Auguste décide alors de financer sa reconstruction dans le style gothique. Des bâtiments sont agrandis, de nouveaux sont créés pour constituer ce que les pèlerins appellent "La Merveille".

Le cloître de l'abbaye du Mont Saint Michel, datant du XIIIème siècle est une oeuvre architecturale exceptionnelle. Ce qui est particulièrement remarquable dans la construction de ce cloître c’est l’ensemble des fines colonnettes en marbre porphyroïde rouge bréchique organisées en quinconce et soutenant la voûte avec légèreté et élégance. Le lieu est magnifique, propice à la méditation et mérite qu'on s'y arrête longuement. C'est le luxe que je me suis accordé lors de ma visite.

La galerie nord et percée de baies donnant vue sur la mer dans la direction du Mont Tombelaine, l’autre îlot de la baie. A l'est s'ouvre une porte donnant accès au réfectoire.

Les moines s’y retrouvaient à chaque repas et mangeaient dans un silence absolu. Selon la règle de Saint-Benoît, seule la voix du moine chargé de lire les Evangiles rompait le silence à l'heure des repas.

Outre le Cloître et le Réfectoire, la Salle des Hôtes, l'Aumônerie, la Salle des Chevaliers et le Cellier constituent les autres éléments majeurs de la Merveille.

Au XIVème siècle des portes de défense, des fortifications et des remparts sont construits pour défendre le Mont. Au cours de la Guerre de Cent Ans, face aux troupes anglaises les moines défendent l’abbaye qui devient une place forte imprenable.

En 1434, les Anglais attaquent le Mont et parviennent à ouvrir une brèche dans le rempart et à entrer dans la ville. La contre-attaque est si puissante que les Anglais prennent la fuite, en abandonnant deux bombardes, calibre 380-420 dont une est encore située à la porte de l'avancée par laquelle on entre dans le Mont.

Louis XI se rend quatre fois au Mont et institue l'ordre des Chevaliers de Saint-Michel. C’est lui qui transforme l’abbaye en prison.

De 1792 à 1799, trois cents prêtres sont emprisonnés dans l'abbaye, puis ce sont des forçats qui y sont internés, jusqu'à sept cents en même temps avant que la prison ne soit fermée en 1863.

L'entretien des bâtiments est alors complètement délaissé. Hugo et Flaubert alertent Napoléon III pour que soit sauvé le Mont.

Victor Hugo avait visité le Mont en 1836: "À l'extérieur, le Mont-Saint-Michel apparaît de huit lieues en terre et de quinze en mer comme une chose sublime, une pyramide merveilleuse dont chaque assise est un rocher énorme façonné par l'océan..."

Le Mont Saint Michel est classé Monument Historique en 1862.

L'architecte Edouard Corroyer, élève de Viollet-le-Duc est nommé en 1878 pour entreprendre les travaux de restauration du Mont-Saint-Michel, sur lequel il publie plusieurs études, mais il est révoqué avant d'avoir pu achever son travail.

C’est cette rénovation qui donne au Mont l’aspect qu’on lui connait aujourd’hui avec sa flèche fine que supporte Saint Michel, et qui paraît avoir été toujours là.

Texte original et photos Pascal DELENIN (visite le 09 janvier 2015)

peinture à l'huile anonyme XIXème siècle, vue générale, le réfectoire, église abbatiale, salle des hôtes, façade peinture à l'huile anonyme XIXème siècle, vue générale, le réfectoire, église abbatiale, salle des hôtes, façade
peinture à l'huile anonyme XIXème siècle, vue générale, le réfectoire, église abbatiale, salle des hôtes, façade
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peinture à l'huile anonyme XIXème siècle, vue générale, le réfectoire, église abbatiale, salle des hôtes, façade

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Publié le par DELENIN
Publié dans : #NORMANDIE

Par Pascal DELENIN

La Basse Normandie est l'une des régions françaises où apparaissent dès le XVIe siècle les premières productions de grès. La Puisaye, le Berry, l’Alsace et le Beauvaisis sont les autres centres importants où la production atteindra son apogée au XIXe siècle.

Les anciens centres normands correspondent essentiellement à deux bassins de production que sont le Cotentin (Vindefontaine, Noron) et plus au sud le centre potier de Ger qui a été actif jusque au début du XXe siècle.

Au milieu du XIXe siècle la commune de Ger compte alors 2600 habitants dont la majeure partie vit dans des hameaux installés auprès des 21 fabriques de poteries de grès assurant du travail à 300 ou 400 ouvriers. Près de Ger, le village du Placître avec ses ateliers, séchoirs, grands fours tunnels et maison du maître potier constitue le théâtre où ont travaillé des générations de potiers du XVIe siècle jusque dans la première moitié du XXe siècle.

Maintenant transformé en musée le site présente une collection de poteries anciennes mais aussi des productions d’artistes contemporains.

La maison du maître potier reconstituée fidèlement en partie grâce aux inventaires d'après décès, présente la vie et l’aménagement mobilier de la grande pièce commune aux environs de 1860. Une petite pièce attenante, la souillarde, était affectée aux tâches domestiques. Cette maison traduit une certaine forme d’aisance comme le montrent la qualité des meubles, la vaisselle et le pavage en terre cuite au sol. Selon un témoignage d’époque que l'on doit l’instituteur du village, Mr Leneveu « ils étaient des bourgeois, des « demi nobles ». Ils se faisaient servir. Ils ne faisaient presque pas de travail personnel. Ils ne mettaient jamais la main à la glaise».

L’argile est stockée à proximité de l’atelier, mise à sécher, puis brisée avec une masse. Un tri permet d’en éliminer les cailloux. Elle est ensuite humidifiée, tranchée en blocs, foulée au pied et entreposée dans des fosses avant d’être utilisée. On y ajoute une petite quantité de sable pour la rendre moins collante au tournage.

Au début du XIXe siècle l’argile est encore apportée aux villages de potiers par des paniers et des sacs portés par des chevaux bâtés. Le bois de chauffage des fours est coupé en bûches de 4 pieds (soit 1.33 m) portées dans des hottes de bois sur le flanc des chevaux. A partir de la moitié du XIXe siècle l’argile est chargée dans des tombereaux, avant que son transport soit modernisé par l’arrivée du chemin de fer avec la ligne Mortain-Domfront.

La cuisson s’effectue dans un grand four « couché » qui permet d’atteindre la température de cuisson nécessaire pour vitrifier partiellement l’argile dans la masse et la rendre dure et imperméable. Le four construit au milieu du XVIIIe siècle est bâti en granite sur une pente régulière. Alimenté par le bois, le four contient une grande quantité de pièces empilées qui cuisent entre quatre et huit jours avec une montée en température progressive jusqu’à 1300 – 1400 °C. Le four contenait 3000 pièces de poterie à chaque cuisson. 50 à 60 stères de bois sont nécessaires pour chaque cuisson. Le bois de hêtre provient de la forêt de la Lande Pourrie.

Dans les dernières heures de la cuisson on jette une trentaine de kilos de sel marin par des orifices aménagés dans la voute. A la chaleur, le sel se sublime en vapeur de sodium qui donne un vernis vitrifié à la surface des poteries.

Pendant plus de trois siècles des générations de potiers ont contribué au développement de l’économie locale en produisant quantité de pièces avant tout utilitaires. Participant à la vie quotidienne, les grès de Normandie satisfont avant tout des besoins immédiats liés à la consommation et à la conservation d’aliments.

Les potiers de Ger fabriquaient des bouteilles ansées, des dames-jeannes, des vinaigriers, des pots à lait, à crème, à miel, à confiture, des porte-dîners…ces objets jalonnaient toutes les étapes de la vie quotidienne.

Cette production a également fourni des tuiles, des briques, des tuyaux d’adduction, des épis de faitage décoratifs à vocation protectrice (figures de saints)

La production de poterie est très importante puisque l’on compte au XVIIIe siècle en moyenne une production annuelle de 100 000 pots à beurre dont Ger avait le monopole de la fabrication. La fabrication de ces pots était très réglementée et une sentence du baillage de Mortain datant de 1619 impose aux potiers de mettre leur nom et marque sur les pots issus de leur fabrication. Ces pots répondant en principe à des normes de poids et de contenance, ceux qui ne répondaient pas à ce marquage étaient confisqués.

En 1842 les producteurs de beurre portent plainte et reprochent aux pots de Ger d’avoir des parois trop épaisses. Un règlement est alors édicté qui fait obligation aux potiers de respecter le poids à adopter pour chaque pot.

En marge de ces grès, certaines pièces plus décoratives et plus travaillées sont faites sur commande. Une des spécialités de Ger était la production de fontaines liturgiques faisant partie du mobilier d’églises et portant en relief des motifs religieux appliqués par empreintes digitées. Ces motifs sont des cœurs de saint sacrement, renfermant des rosaces, des rameaux fleuris, des crucifix, des faces humaines.

Les potiers travaillaient sur commande et pouvaient vendre aussi bien sur les lieux de fabrication, à l’enfournement (avant la cuisson), sur les foires et marchés, par colportage, et leurs poteries se retrouvent centre de production de poteries utilitaires en grès utilisées dans le grand Ouest de la France pour l’exportation des salaisons et du beurre.

Les potiers de Ger vont vendre leurs pots directement auprès des producteurs de beurre de Vire par le « chemin des potiers » passant par le Fresne-Poret, les Maures et la Lande Vaumont.

Les poteries de Ger se retrouvent même jusque au Canada dans les provinces de Terre Neuve, Labrador, Nouvelle Ecosse et Nouveau Brunswick où elles arrivent aux XVIIe et XVIIIe siècle avec les pêcheurs bretons et normands partant pour les longues campagnes de pêche à la morue.

La poterie de Ger constitue un témoignage des plus intéressants du petit patrimoine bas normand

Texte original et photos Pascal DELENIN

Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)
Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)
Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)Musée régional de la poterie de Ger (Manche)

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Publié le par DELENIN
Publié dans : #NORMANDIE

Par Pascal DELENIN

Christian Dior naît en 1905. C’est cette même année que ses parents Maurice et Madeleine Dior achètent ce domaine et la villa "Les Rhumbs" construite par un armateur à la fin du XIXème siècle. Sa mère y fait construire un jardin d’hiver et aménager le parc. Christian Dior y passe son enfance et y revient jusqu’en 1931. Le décès de sa mère en 1932, la ruine de son père industriel lors de la crise des années 30 conduisirent à la vente de la maison familiale et la dispersion de son mobilier.

Surplombant la plage de Granville, son parc offre une vue magnifique sur la Manche et les Iles Chausey au travers des bosquets de pins maritimes. Dans la Collection Privée le parfum Granville rappelle le lieu par ses fragances épicées de pin, de romarin et de thym et évoque aussi le vent, les vagues et l’air vif de cette côte du Cotentin.

"La maison de mon enfance... j'en garde le souvenir le plus tendre et le plus émerveillé. Que dis-je ? Ma vie, mon style, doivent presque tout à sa situation et à son architecture" écrit Christian Dior dans son autobiographie publiée en 1956 soulignant par là même l’importance qu’elle revêt pour lui. De la villa de Granville Christian Dior a conservé "la nostalgie des nuits de tempête, de la corne de brume, du glas des enterrements et du crachin normand au milieu desquels s’est passée [son] mon enfance."

La villa "Rhumbs" car c’est son nom, est devenue musée de la mode depuis 1997.

Photos Pascal DELENIN

villa Dior à Granville, son parc et la vue sur la ville hautevilla Dior à Granville, son parc et la vue sur la ville hautevilla Dior à Granville, son parc et la vue sur la ville haute

villa Dior à Granville, son parc et la vue sur la ville haute

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Publié dans : #NORMANDIE
Domfront et son donjon

Par Pascal DELENIN

Le château de Domfront en Normandie ... témoin du passé.

Stratégiquement placé sur une hauteur rocheuse dominant la vallée de la Varenne et le bocage normand ce donjon fut en son temps l’un des plus importants de France.

Il fut bâti par Henri Ier Beauclerc, troisième fils de Guillaume Le Conquérant, qui porta les titres de seigneur de Domfront en 1092 puis roi d’Angleterre en 1100 et duc de Normandie en 1106.

Les rois anglo-normands séjournèrent régulièrement à Domfront au cours du XIIème siècle et le château reçut des visiteurs illustres comme Henri II Plantagenet et Aliénor d’Aquitaine qui y donna le jour à Aliénor d’Angleterre en 1161. Dans la lignée directe de celle-ci figure Blanche de Castille, grand-mère de Saint Louis qui, quant à lui, s'arrêta à Domfront en 1256 au retour d'un pèlerinage au Mont Saint Michel.

Le château de Domfront fût le théâtre de la rencontre entre Henri II Plantagenêt et les légats du Pape dans une ultime tentative de réconciliation avec Thomas Beckett.

Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre séjournèrent également à Domfront.

Suite à la conquête de la Normandie par Philippe Auguste en 1204 la place de Domfront fut donnée en apanage notamment à Robert II d’Artois, à son petit-fils Robert III et ensuite aux comtes d’Alençon au cours des XIVème et XVème siècles.

Domfront fut occupé une première fois de 1356 à 1366 par les troupes de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Domfront fut à nouveau investi de 1418 à 1450 par les troupes anglaises après un siège de neuf mois .

En 1574 Domfront connu le siège le plus important de son histoire militaire. Assiégé, le chef huguenot Gabriel de Montgomery dut se rendre au chef de l’armée catholique et royale le Maréchal de Matignon.

Rendu inutile le château fut détruit sur ordre de Sully en 1608.

Les ruines en furent mises en valeur à la fin du XIXème siècle avec la création d’un parc dans les années 1860.

Depuis les vestiges de ce donjon témoignent des heures pendant lesquelles cette petite cité côtoya l'Histoire de France et celle d'Angleterre.

Texte et photos Pascal DELENIN

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